La circoncision de Jean-Baptiste (1,59-66)

Luc 1,59-66

Commentaire

59 Le huitième jour, ils vinrent pour circoncire l’enfant, et ils le nommaient Zacharie d’après le nom de son père.
60 Mais sa mère, prenant la parole :  » Non, dit-elle, mais il s’appellera Jean.  »
61 Ils lui dirent :  » Il n’y a personne dans votre famille qui soit appelé de ce nom.  »
62 Et ils demandaient par signe à son père comment il voulait qu’on le nommât.
63 S’étant fait apporter une tablette, il écrivit :  » Jean est son nom  » ; et tous furent dans l’étonnement.
64 Au même instant sa bouche s’ouvrit, sa langue se délia ; et il parlait, bénissant Dieu.
65 La crainte s’empara de tous les habitants d’alentour, et partout dans les montagnes de la Judée, on racontait toutes ces merveilles.
66 Tous ceux qui en entendirent parler les recueillirent dans leur cœur, et ils disaient :  » Que sera donc cet enfant ? Car la main du Seigneur était avec lui. « 
Une fois de plus, marque d’une rupture : la tradition n’est pas respectée, une autre se met en place, qui manifeste l’intervention divine d’une part dans le fait étonnant que la mère intervient, d’autre part dans le nom même qui est choisi « Dieu fait grâce ». Sans doute faut-il aussi évoquer que tout cela a lieu le huitième jour, ce qui est en soi normal dans les usages du temps, mais ce huitième jour est aussi, dans la tradition chrétienne, celui de la Résurrection, de l’inauguration d’un monde nouveau.

Le fait que Zacharie confirme le nom proposé par Élisabeth paraît aussi aller de soi, en faisant droit à l’autorité du père, mais il montre aussi que l’unité/unanimité se fait sur ce nom : et c’est un signe que Dieu est bien derrière ce choix. Lorsque celui-ci est donc confirmé, voilà que la bouche de Zacharie s’ouvre à nouveau : l’entrée dans l’ère nouvelle est acquise, le passage est fait, les liens sont dénoués. Étonnement, crainte et bénédiction se mêlent…

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