The Epistles to the Colossians, to Philemon and to the Ephesians

F. F. BRUCE, The Epistles to the Colossians, to Philemon and to the Ephesians, NICNT, 1 vol. de xxviii-444 p., Grand Rapids, Wm. B. Eerdmans, 1984

Sous la direction de F.F. Bruce, la collection ’New International Commentary on the New Testament’, ’ destinée tout à la fois au pasteur et à l’érudit’ pour leur permettre, ’ tout en conversant avec la critique moderne, de tirer de l’Écriture la foi ancienne’, a entrepris une sérieuse et bienvenue opération de lifting. Il n’est, pour s’en rendre compte, que de comparer le commentaire de Philippiens préparé par J.J. Müller en 1955, et réédité en 1984 (MÜLLER Jacobus J., The Epistle of Paul to the Philippians, The English Text with Introduction, Exposition and Notes, ’The New International Commentary on the New Testament’, 1 vol. de 168 p., Grand Rapids, Wm. B. Eerdmans, 1984.), avec le nouveau commentaire sur Colossiens-Philémon-Éphésiens réalisé la même année 1984 par F.F. Bruce

On trouvera dans le premier nommé une Introduction de quinze pages : celles-ci paraissent vraiment dater ; pour prendre un exemple, trois de ces pages sont consacrées au problème posé par l’unité de la ettre : les objections sont rapidement balayées. Quant au commentaire, on peut parler d’un classicisme extrême si l’on se réfère par exemple à l’hymne christologique de Ph. 11, 6-11 : rien sur l’arrière-plan vétérotestamentaire fondamental pour l’interprétation, mais un excursus (p. 83-85) consacré à la théorie kénotique jugée du seul point de vue dogmatique de sa conformité – ou non – à la tradition. Non, décidément, cette réédition surprend : elle est un hommage à l’A., mort en 1977, plus qu’un instrument nécessaire au pasteur ou à l’érudit pour faire face aux critiques actuelles

En revanche, le travail accompli par F.F. Bruce est remarquable. Certes, on pourra trouver cet A. bien classique dans ses jugements, mais il n’en est pas un qui ne soit longuement et minutieusement motivé ; les introductions très bien informées et les notes copieuses sont là pour l’attester. L’authenticité paulinienne des trois épîtres est clairement affirmée, mais elle n’est pas posée à priori : dix pages de l’Introduction à l’Épître aux Ephésiens sont consacrées à réfuter les arguments essentiellement théologiques habituellement mis en avant pour contester cette authenticité (absence de référence à la parousie, originalité des métaphores ecclésiales, finalité de l’épître) ; une dizaine de pages encore sont dévolues à définir la nature de l’hérésie colossienne, probablement une hérésie mystique juive de type merkabah, question fort débattue et qui conditionne en partie le problème de l’authenticité ; quant à Philémon, c’est la reconnaissance du lien avec Colossiens qui permet de trancher. Trois lettres pauliniennes donc, datées des années 60 à Rome.

Dépassons les introductions pour nous reporter par exemple à Col. 1, 12-20. La composition hymnique de 1, 15-20 est reconnue et le découpage proposé autrefois par P. Benoit repris ; bien plus, sans toutefois l’adopter, l’A. admet la possibilité d’une appartenance de cette hymne à la tradition prépaulinienne. En revanche, Eph. 1, 3-14 est fort justement qualifiée d’eulogie, un genre littéraire dépendant de la berakah juive..

Redisons-le : la collection ’ The New International Commentary of the New Testament’ est en train de prendre un bain de jouvence qui, sans faire d’elle un monument d’érudition critique, lui redonne les caractéristiques qu’elle se proposait à sa création, à savoir une réelle accessibilité qui ne fasse pas fi des nécessaires débats et renouvellements.

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