Studien zum Philipperbrief

Berthold MENGEL, Studien zum Philipperbrief, Untersuchungen zum situativen Kontext unter besonderer Berùcksichtigung der Frage nach der Ganzheitlichkeit oder Einheitlichkeit eines paulinischen Briefes, « Wissenschaftliche Untersuchungen zum Neuen Testament, 2. Reihe, 8 », 1 vol. de x-346 p., Tubingue, J.C.B. Mohr, 1982.

Une solution du problème littéraire posé par l’Épître aux Philippiens doit, selon B. Mengel10, prendre en compte au moins sept facteurs (p. 310s.) : 1. La reconnaissance de la prétention de la Lettre à l’unité et à l’intégrité ; 2. Le changement de situation communautaire perceptible au ch. 3 par rapport aux ch. 1-2 ; 3. Le changement brutal corrélatif du style et du ton entre III, I et III, 2 ss ; 4. Le caractère spécifique de la réaction immédiate et spontanée, en I, 3 s., devant les secours inattendus ; 5. Le laps de temps qui a dû s’écouler entre l’arrivée d’Épaphrodite et la dictée du passage qui suit II, 25 ; 6. Le fait que IV, 2 ss constitue une illustration des défauts internes de la communauté tels qu’ils sont décrits en II, 1 ss ; 7. Le fait que IV, 10 ss se manifeste comme une réponse immédiate et directe à la réception de la collecte. Comment l’A. parvient-il à ces conclusions ? A la suite d’une analyse exégétique personnelle bien sûr (p. 221-285), laquelle tente de faire droit aux exigences critiques nées d’une longue (trop longue et bien répétitive : on voit que l’on a affaire à une thèse !) présentation de l’histoire de la recherche depuis l’essai de W.H. Schinz en 1833 (p. 31-221 ). L’exigence essentielle paraît être celle d’une juste appréciation du contexte historique (Situativen Kontext) des différents éléments de la Lettre sans en privilégier nécessairement un seul comme dominant et devant constituer un cadre interprétatif (option einheitlich contre ganzheitlich : cf. p. 21, 22, 77, 132…).

De toutes les observations de l’A., il ressort qu’il faut dénoncer toutes les mises en question de l’authenticité de l’Épître (cf. la présentation de l’essai de F. Baur, p. 119-127, et l’excursus des pages 317-324) aussi bien que la solution de la compilation (cf. p. 201, n. 41, et les réflexions des pages 297-313). Dans la ligne de O. Merk, l’A. propose de reconnaître dans la rédaction un processus à la fois continu dans l’intention et discontinu dans le temps (p. 289-296) : Paul rédige I, 1-II, 24 à la suite de l’arrivée d’Épaphrodite ; la maladie de celui-ci provoque une interruption pendant laquelle un échange d’information entre Paul et les Philippiens conduit l’Apôtre à ajouter II, 25-30 après la guérison d’Épaphrodite ; alors que la Lettre devait se conclure en III, 1, voilà que de nouvelles informations en provenance de Philippes conduisent Paul à ajouter l’ensemble III, 2-IV, 9 ; la conclusion de IV, 10-23, qui n’est pas isolable de ce qui précède, revient sur le sujet qui avait occupé l’Apôtre en I, 3 s.

Que dire de cette reconstruction, sinon qu’elle est aussi fragile que toutes celles qui l’ont précédée : le débat n’est pas clos avec l’essai de B. Mengel, comme le montre l’article tout récent de D.E. Garland (Cf. « The Composition and Unity of Philippians, Some Neglected Literary Factors », dans NT XXVII, 1985, p. 141-173., qui vient plaider à nouveau en faveur de l’unité, selon l’interprétation usuelle de ce mot, de l’Épître.

Share This:

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *