Saint Paul

Gérard LECLERC, Saint Paul, 1 vol. de 252 pages, Pygmalion/G. Watelet éd., Paris, 1997

Quand on demande à un exégète le titre d’un ouvrage sur Paul en français qui soit facile d’accès, la réponse n’est pas facile : ils ne sont pas si nombreux. Et toux ceux qui existent -je pense à ceux de M.F. Baslez ou de S. Légasse- reflètent bien sûr la personnalité, souvent universitaire, de leur auteur. G. Leclerc, connu par ses éditoriaux journalistiques, est un homme de convictions : l’une d’elles concerne la grandeur éminente du théologien Paul et la richesse de son enseignement ; il veut donc le faire connaître au plus grand nombre.

L’A. ne prétend aucunement faire œuvre de pionnier : il prend largement appui sur les ouvrages de ses prédécesseurs, en particulier M.F. Baslez ou J. Becker, sans considérer avec dédain ceux qui ont pris de l’âge (E. Allo). Sa culture étant plus théologique et littéraire qu’exégétique, de nombreuses références concernent des auteurs qui n’ont rien à voir avec l’étude scripturaire : R. Brague, J.P. Vernant etc. Sa volonté clairement affirmée est de dégager les grandes lignes de la vie et de la théologie de Paul, sans se laisser enfermer dans les controverses nourries par les spécialistes, même s’il les connaît : ’nous n’avons pas voulu, pour ce livre, entrer dans toutes les difficultés exégétiques et historiques d’une biographie de Paul. Il y a par exemple entre spécialistes des divergences sérieuses sur la chronologie. Il n’et pas toujours évident de mettre en cohérence le récit de Luc dans les Actes et les indications tirées des épîtres. Néanmoins, dans ses grandes lignes, l’itinéraire de l’apôtre est perceptible’ (p. 81). Cela conduit notre auteur , lorsqu’il est contraint de se situer dans un débat, par exemple sur l’authenticité des lettres, à adopter une ligne moyenne, prudente, que certains qualifieront avec mépris de ’traditionnelle’, alors qu’elle me semble tout simplement ’catholique’.

Il n’est pas facile de présenter de manière claire tout à la fois la vie et l’œuvre de Paul, avec les questions qui s’y rattachent. L’A. consacre les cinq premiers chapitres à la biographie de l’apôtre, le sixième aux lettres, les deux suivants à sa théologie et spécialement à sa christologie, le dernier à quelques question controversées. L’essentiel est dit, y compris la dimension cosmique de l’Incarnation et de la Rédemption, dont l’auteur a raison de souligner qu’elle est souvent négligée. Il reste que le plan adopté, qui oblige à des allers et retours, ne restitue pas toujours la profonde unité de l’œuvre paulinienne, y compris celle qui existe entre sa vie et ses écrits, et qu’à vouloir trop embrasser, l’A. ne fait qu’effleurer nombre de questions importantes : mais il avait d’emblée pris la précaution d’aviser son lecteur qu’il ne s’agissait pour lui que d’offrir quelques clés, quitte à développer les connaissances auprès des maîtres auxquels il est fait référence. Compte tenu des objectifs assignés, il est clair que l’ouvrage est une réussite.

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