II Corinthians

Victor Paul FURNISH, II Corinthians, Translated with Introduction, Notes, and Commentary, The Anchor Bible, 32A, 1 vol. de xxii-624 p., Garden City, N.Y.,

Le commentaire de V.P. Furnish sur la Deuxième Épître aux Corinthiens présente les mêmes qualités de lisibilité et d’information que le précédent. Une introduction de soixante pages, qui néglige totalement les aspects théologiques réservés au commentaire proprement dit, présente les éléments archéologiques, historiques et littéraires essentiels nécessaires à une bonne compréhension de l’épître. Sur le dernier point, elle révèle les options principales de l’A., finalement assez classiques : Paul aurait écrit au moins cinq lettres à la communauté corinthienne, une première mentionnée en I Cor. v, 9, une deuxième – vers 54 – qui serait notre I Corinthiens canonique, une troisième – écrite dans les larmes – évoquée en II Cor. ii, 3,4,9 et vii, 8,12 et qui ne correspond certainement pas à II Cor. x-xiii, une quatrième qui est II Cor. i-ix – vers la fin de l’été 55 – et enfin une cinquième – au cours de l’été 56 – qui se retrouve en II Cor. x-xiii. La lettre D (II Cor. i-ix) a trois objectifs : manifester le souci que Paul garde de la communauté, clarifier la signification de la mission apostolique, obtenir le renforcement de l’engagement des Corinthiens ; ces trois objectifs s’ordonnent autour du bon accueil à faire à la collecte. La lettre E (II Cor. x-xiii) aurait, elle, deux buts : reprendre les Corinthiens d’une part, préparer une visite ultérieure d’autre part. Quant au premier point, il se fait surtout par une mise en garde à l’égard des ’faux apôtres’ (xi, 13) que l’A. identifie avec les ’super apôtres’ (xi, 5 ; xii, 11) ; à partir des informations explicites données dans cette lettre E, et qui recoupent celles fournies par la lettre D, il apparaît que ces adversaires de Paul sont des missionnaires chrétiens d’origine judéo-hellénistique, et que le conflit est personnel plutôt que doctrinal ; l’A. se montre favorable à la thèse encore inédite de P. Marshall pour qui les opposants valoriseraient les conventions culturelles hellénistiques que Paul rejette volontairement, tout en se sentant à l’aise avec elles.

Il reste encore beaucoup d’autres points débattus dans cette épître ; l’A. en réserve l’étude pour le corps de l’ouvrage dans des commentaires qui se présentent souvent comme des excursus : c’est ainsi que sera longuement abordée la question de la spécificité de II Cor. vi, 14-vii, 1, que l’A. considère comme une composition non paulinienne reprise par l’apôtre (p. 375-383), ou celle de la collecte (p. 409-413). Là encore, on ne cherchera pas une originalité absolue, mais un exposé objectif et clair des différentes positions, ainsi que les motifs d’un choix raisonnable : c’est le but de la collection dans laquelle l’A. présente son commentaire et il est fort louable.

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