Die Berufung des Paulus als Ursprung seiner Theologie

Christian DIETZFELBINGER, Die Berufung des Paulus als Ursprung seiner Theologie, ’Wissenschaffliche Monographien zum Alten und Neuen Testament, 58’, 1 vol. de xii-164 p., Neukirchen-Vluyn, Neukirchener Verlag des Erziehungsvereins, 1985.

Présenté comme thèse à la Faculté de théologie évangélique de l’université de Münster, le travail de Dietzfelbinger évoque celui présenté antérieurement par S. Kim (R T LXXXV, 1985, p. 498-500) : il invite en effet à reconnaître dans l’événement de Damas l’origine véritable de la théologie de Paul. Mais à la différence de son prédécesseur, Dietzfelbinger se montre plus justement nuancé.

La démonstration est conduite en trois mouvements. Au cours du premier, l’A. s’attache à retracer le passé de Paul comme persécuteur : il semble que cette persécution, qui n’a pu excéder une année, a spécialement sinon uniquement visé la communauté chrétienne de Damas ; son mobile – et on reconnaîtra ici la thèse fondamentale de l’A. – a été la menace que représentait pour Israël, ’qui ne tient son existence et ne peut avoir d’avenir qu’en tant que peuple de la Torah’ (p. 29), la mise en question de la Loi par la prédication d’un Messie crucifié aux termes mêmes de la Loi (cf. Deut. xxi, 22 s). Le deuxième moment consiste en un examen méthodique des différents témoignages pauliniens sur la vocation de Damas : Gal. 1, 5Gal. 1, 5
French: Louis Segond (1910) - SEG

5 à qui soit la gloire aux siècles des siècles! Amen!  

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ss ; I Cor. ix, 1 ; xv, 8 ; 11 Cor. iv, 6 ; Paul fait là usage de formulations traditionnelles de type pascal, qui lui permettent de justifier son propre apostolat en marquant son origine divine ; l’A. remarque fort justement que chacune de ces formulations a recours à un titre particulier pour Jésus (respectivement : Seigneur, Christ, Fils de Dieu, porteur de la lumière de la gloire divine et image de Dieu), comme si Paul cherchait ainsi à montrer quel renversement s’était opéré dans son esprit pour qu’il puisse les appliquer à Jésus. L’A. écarte pour conclure cette partie le témoignage lucanien de Act. ix comme présentant des ’différences insurmontables’ (p. 81) avec les relations lucaniennes, la principale étant qu’il n’est rien dit dans ce texte de la question de la Torah ; il écarte en outre toutes les interprétations de l’événement de Damas comme fruit de préparations intérieures dans la psychologie de l’Apôtre. Le troisième moment est consacré à dégager les conséquences principales de cette vocation : travail rapidement mené au sujet de la Loi, le rapport des deux éons, la christologie, et la mission de Paul…

A l’exception de la troisième partie, trop expéditive et répétitive, la thèse se lit très facilement et avec un intérêt soutenu. Une modeste réserve concerne la mise à l’écart d’Act. ix : si ce texte ne dit rien de la question de la Loi, il me paraît être un précieux témoin (cf. v. 4-5) de la compréhension lucanienne du fameux ’En Christ’ paulinien comme enraciné lui aussi dans l’expérience de Damas.

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