An die Römer

Ernst KÄSEMANN, An die Römer, « Handbuch zum Neuen Testament, 8/A », 1 vol. de xvi-412 p., Tubingue, J.C.B. Mohr, 41980.

La quatrième édition du fameux Commentaire de l’Épitre aux Romains par E. Käsemann est en gros identique à la troisième8. Dans sa préface, l’A. convient qu’une refonte aurait été nécessaire du fait des progrès de la recherche depuis 1974, mais que, faute de temps et d’énergie, celle-ci n’a pu être menée à bien ; l’A. s’est donc contenté de corriger les fautes résiduelles et quelques affirmations qu’il estime aujourd’hui intenables : il ne nous dit pas lesquelles, et il faudrait entreprendre une étude comparative détaillée pour les déceler.

Peu importe en fait. Celui qui a utilisé le commentaire de Käsemann une fois dans sa vie sait qu’il n’a pas d’âge : la cohérence et la qualité de la réflexion théologique de l’A. donnent tout leur prix aux interprétations proposées ; elles en déterminent aussi parfois les limites. Prenons l’exemple de la justification par la foi au ch. IV, un exemple de choix dans la mesure où le commentaire tout entier s’organise autour du thème de la justice de Dieu : on y trouve les commentaires les meilleurs (p. 116-117) sur le thème de la justification de l’impie ( Rom. IV, 5) et son lien avec la création et la résurrection des morts (Rom. IV, 17) ; je remarque l’intérêt et la justesse des considérations sur la typologie (p. 119-120) ; et, en même temps, je regrette que l’A. ne donne de ces thèmes qu’une interprétation théologique et aucunement historique, qui tienne compte de la situation sociale générale de l’époque ou de celle que l’on peut reconstruire, en fonction de données bien précises, à Rome : problème identique à celui rencontré avec l’ouvrage de Eichholz analysé précédemment.

Ces remarques ne peuvent ni ne visent à remettre en cause la qualité exceptionnelle de ce Commentaire, mais elles veulent simplement souligner qu’avec lui tout n’est pas encore dit sur l’Épître aux Romains ; dans sa préface, Käsemann avoue n’avoir jamais pensé autre chose et se réjouir plutôt qu’il en soit ainsi.

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