Geschichte der urchristlichen Literatur, Einleitung in das Neue Testament, die Apokryphen und die Apostolischen Väter

Philipp VIELHAUER, Geschichte der urchristlichen Literatur, Einleitung in das Neue Testament, die Apokryphen und die Apostolischen Väter, « de Gruyter Lehrbuch » , Berlin-New York, W. de Gruyter, 1 vol. de XXII-816 p., 1978.

Ph. Vielhauer se proposait de faire paraître une nouvelle édition corrigée de son livre, paru pour la première fois en 1975, quand il est mort le 23 décembre 1977 : l’édition 1978 de son Histoire de la littérature chrétienne primitive est donc restée pratiquement inchangée. Cet ouvrage n’en reste pas moins une œuvre maîtresse, volumineuse et de grande qualité. Il s’agit pour l’A. de reprendre, sur le plan le l’histoire littéraire, l’ouvrage de R. Knopf, H. Lietzmann et H. Wiesel : Einführung in das Neue Testament, Bibelkunde des Neuen Testaments, Geschichte und Religion des Urchristentums, « Sammlung Töpelmann, Die Theologie im Abriss : Band 2 » ; Helmut Koster (Harvard) devait se charger de la partie plus proprement historique.

Le propos de l’A. était déjà celui de M. Dibelius dont l’ouvrage, appelé aussi Geschichte der urchristlichen Literatur, a paru en 1926 et a été réédité en 1975 ; Ph. V. se situe dans la même ligne tout en renouvelant la présentation et l’information. Le premier problème est bien sûr de délimiter le champ d’études ; Vielhauer reprend la définition de Fr. Overbeck : on appellera littérature chrétienne primitive « une littérature que la chrétienté se crée pour ainsi dire à partir de ses ressources propres, dans la mesure où cette littérature se développe sur le sol et à partir des intérêts propres de la communauté chrétienne avant même que cette dernière se soit mélangée avec le monde environnant ».

Le champ d’études ainsi délimité est alors analysé globalement à travers les « formes prélittéraires » : « Formes-Pistis », Homologies, Formes kérygmatiques, textes liturgiques, Lieder, Parénèses. Il est ensuite l’objet d’une présentation très systématique : 1. Le Corpus paulinien 2. Les évangiles synoptiques et les Actes des Apôtres,. 3. Le cercle johannique 4. Les apocalypses (Jean, Pierre, Pasteur d’Hermas, Ascension d’Isaïe ; 5. Les lettres tardives (IClément, Ignace, Polycarpe) ; 6. Les lettres « fictives » (Jc., IP., Jude, IIP., Barnabé) ; 7. Les évangiles apocryphes (Thomas, Pierre, Nazaréens, Ébionites, Hébreux, Égyptiens, de l’Enfance, Papyrus Egerton, Papyrus d’Oxyrinchos) ; 8. Les Actes apocryphes (Pierre, PAul, André, Jean, Thomas) ; 9. Les ordonnances communautaires et cultuelles (Didachè, IIClément, Évangile de Vérité, Odes de Salomon) ; 10. La fin de la littérature chrétienne primitive (Interprétation des Paroles du Seigneur par Papias d’Hiérapolis, Hypomnemata d’Hégésippe, La détermination du canon).

Chaque étude s’ouvre par une bibliographie où la production allemande tient une très large place (et où quelques œuvres marquantes, entre autres The Method and Message of Jewish Apocalyptic de D. S. Russell, sont curieusement absentes) ; l’A. renvoie à sa propre contribution en ce qui concerne l’apocalyptique dans Hennecke-Schneemelcher, Neutestamentliche Apokryphen II, où ses analyses sont beaucoup plus développées. A la suite de la bibliographie, les œuvres sont présentées sous différents thèmes : transmission, contenu et construction, caractère littéraire ou théologique, sources, auteur, date de rédaction, etc. Une place spéciale dans la présentation des Évangiles synoptiques et des Actes des Apôtres est faite aux discussions actuelles concernant le problème synoptique, la théorie des deux sources, la méthode de l’histoire des formes, le problème de la source Q.

Le sujet traité est, on le voit, très vaste : c’est presque une gageure que de vouloir le faire tenir en huit cents pages. L’A. y parvient grâce à sa vaste érudition, à la qualité de la systématisation et à la prudence de l’ensemble de ses jugements : bien que très dépendant de l’exégèse allemande, il sait prendre ses distances face à telle interprétation abusive ou tel jugement peu fondé, invitant ainsi à la poursuite de la recherche : on s’en rendra compte par exemple dans la présentation des formes pré littéraires ou du corpus paulinien. Ph. Vielhauer le visait et y a :réussi : son ouvrage n’est pas une introduction banale et un peu sèche, c’est une ouverture vivante sur la littérature néotestamentaire et sur son développement qui intéressera amateurs et spécialistes. Il faut souhaiter que cet ouvrage soit rapidement traduit en français.

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