Le Problème ecclésial des Actes à la lumière de deux prophéties d’Amos

P. A. PAULO, Le Problème ecclésial des Actes à la lumière de deux prophéties d’Amos, Recherches, Nouvelle série, 3, 1 vol. de 168 p., Montréal, éd. Bellarmin et Paris, éd. du Cerf, 1985.

La contribution de P.A. Paulo à l’ecclésiologie des Actes des Apôtres présente un réel intérêt. Elle est née d’une intuition féconde : les deux seules citations d’Amos dans les Actes (Am. v, 25-27 ; ix, 11-12 présentes respectivement en Act. vii, 42-43 et xv, 16-17), et qui sont aussi celles que distinguent les textes de Qumrân, pourraient bien avoir une valeur exemplaire dans le cadre de l’ouvrage. A partir d’une analyse de l’usage des citations dans les Actes, et particulièrement dans les discours qui constituent comme l’ossature de l’oeuvre (les deux citations appartiennent justement à deux de ces discours) ; à partir d’une interprétation du mouvement général des Actes (un mouvement deux fois répété dans les chapitres i à viii et xiii à xxviii et qui va de Jésus aux Goyim en passant par l’endurcissement des Juifs) ; à partir enfin d’une bonne compréhension de l’origine de ces citations et de l’histoire de leur tradition, l’A. montre en effet comment elles prennent en compte et tentent de répondre aux deux questions centrales de l’ecclésiologie primitive : Comment expliquer l’aveuglement d’Israël ? Quelle est la situation de l’Église vis-à-vis d’Israël ?

’Am. v, 25-27 est donc un sommaire apologétique qui explique l’origine (aberration au désert) et la conséquence (déportation à Babylone) de l’aveuglement d’Israël [ … ]. Am. ix, 11-12 est également un sommaire apologétique qui explique la situation de l’Église vis-à-vis d’Israël. La promesse de la restauration davidique dont se prévalait tant Israël se réalise dans l’Église’ (p. 47). Pour ce faire, ces deux citations mettent en oeuvre trois ’idées-forces’ dont la signification ecclésiologique au sein des Actes est fort bien soulignée et mise en valeur : le vrai culte, la métaphore de l’édifice, l’espoir d’un Reste ; ainsi, par exemple, la métaphore de l’édifice met-elle en lumière à la fois la continuité historico-salvifique et théocentrique de l’Église par rapport à Israël au plan de l’identité, et la discontinuité historico-salvifique et christocentrique de ces deux grandeurs au plan de l’originalité et de la nouveauté de l’existence (cf. p. 102). En conclusion, l’A. développe trois corollaires concernant l’unité de l’Église, le temps de l’Église et l’horizon herméneutique, qui mettent un point d’orgue à un ouvrage clair, original et attachant.

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