Hebreos 5, 7-8, Estudio histórico-exegético

Carlos ZESATI ESTRADA, Hebreos 5, 7-8, Estudio histórico-exegético, ’AnBib, 113’, Rome, Editrice Pontificio Istituto biblico, 1990, xxvi-394 p

Le texte d’He 5, 7-8 a toujours posé au fil des siècles de nombreux problèmes d’interprétation, et l’A. se propose tout à la fois de présenter les interprétations antérieures, en particulier patristiques, de définir quelques orientations passées et de déterminer la plus probable ou plutôt la plus raisonnable, voire d’en proposer une nouvelle. Autrement dit, il s’agit tout à la fois d’un travail d’histoire de l’exégèse et d’exégèse tout court, sans que soient négligées lorsqu’elles peuvent être utiles les traditions rabbiniques. On le comprend d’emblée, l’information rassemblée est considérable : à propos de la phrase généralement traduite ayant été exaucé en raison de sa piété, l’A. n’évoque en note pas moins de 144 commentateurs, avec les références précises !

Mais il s’agit d’une information parfaitement maîtrisée et méthodiquement présentée. Après avoir évoqué la question de la référence évangélique ou biblique qui sous-tend le passage d’Hébreux, et avoir opté pour les psaumes de lamentation, l’A. tâche de déterminer son intention fondamentale : ’souligner une relation de ressemblance entre le sacerdoce aaronique et celui du Christ’, avec une insistance particulière sur le thème de la miséricorde sacerdotale et de la capacité de compassion (cf. p. 112-115). La prière du Christ est à relier à la prière d’intercession du grand-prêtre, spécialement au jour de l’Expiation (p. 138) ; elle a un double objet : une demande, conditionnelle, d’être préservé de la mort, et une demande absolue que la volonté de Dieu se fasse (p. 167).

La crux interpretum du passage est constituée par le texte évoqué plus haut et généralement traduit ayant été exaucé en raison de sa piété : de longues considérations philologiques, et en particulier de très (sinon trop : cf. p. 220-229) nombreux exemples, invitent l’A. à reprendre à son compte une telle traduction. Remarquons qu’ici comme tout au long de son étude, notre A. rejoint A. Vanhoye… auprès duquel il a réalisé son étude. Quant à l’expression non moins singulière Il apprit de ce qu’il souffrit l’obéissance, et rendu parfait…. l’A. estime qu’il s’agit ’d’évoquer la science qui naît de l’expérience personnelle- » et de « manifester que la nature humaine du Christ, faible comme la nôtre, fut transformée, perfectionnée par la souffrance’.

Il faut le redire : cette thèse se lit agréablement, car l’A. a su parfaitement trier et regrouper son information, lui évitant de paraître lourde. Il n’en reste pas moins que la procédure suivie, faire appel à toutes les ressources de l’histoire de l’exégèse, dans une optique d’abord plutôt synthétique, puis analytique, expose à d’inévitables redites : devant le travail fourni et sa richesse, on n’en accablera pas l’A.

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