Alle origini dell’omiletica cristiana, la Lettera agli Ebrei

Paolo GARUTI, Alle origini dell’omiletica crîstiana, la Lettera agli Ebreï, Note di analisi retorica, ’ASBF, 38’, Jérusalem, Franciscan Printing Press, 1995, VIII-440 p

Cet ouvrage présente de manière détaillée et savante les procédés de la rhétorique classique, et considère leur mise en oeuvre dans la Lettre aux Hébreux. L’un de ces procédés, l’exorde, censé introduire l’oeuvre (He 1, 1-4), répond bien àune telle exigence, mais notre commentateur découvre que tel est le cas aussi de 3, 1-2 et 5, 11 -6, 12. La question se pose donc aussitôt de l’unité littéraire de cette Lettre aux Hébreux. On ne sera pas surpris de constater que P. Garuti estime que la lettre telle qu’elle nous est parvenue se compose de trois parties originellement différentes, organisées autour de thèmes distincts.

La première (1, 1-4 ; 2, 1-4 ; 3, 1 – 4, 11 ; 10, 38 – 11, 38 ; 11, 39-40 ; 12, 18-24.25b), que l’A. appelle simplement ’thème A’, s’organiserait autour du thème du peuple du désert. La deuxième (2, 5-6a ; 2, 6b-18 ; 5, 1-10 ; 7, 1-28 ; 10, 1-18 ; 10, 26-37 ; 12, 1-3 ; 12, 14-17 ; 13, 20-2 1), ’thème B’, s’organiserait autour du thème du sacerdoce. La troisième (4, 14-16 ; 8, 17 9, 28 ; 10, 19-25 ; 12, 25a. 26-29 ; 13, 9b-15. 16-17), appelée ’thème C’, constitue un ensemble plus diversifié. L’organisation actuelle de la ’Lettre aux Hébreux’ serait elle aussi le fruit d’un développement en trois étapes : tout d’abord, la composition des thèmes, qui se présente comme l’oeuvre d’un ’Maître’ ; ensuite l’édition, à partir des thèmes A et B, d’un petit traité développé en lettre à – l’aide d’éléments épistolaires pauliniens. Ce développement inclut sans doute l’ensemble 5, 11 – 6, 20, marque par les métaphores du petit enfant ou du parfait, empruntées à 1 Co 3, 1-3 et Ep 4, 13-14. Enfin, la troisième étape se présente comme une compilation qui ajoute aux thèmes A et B, le thème C, ainsi que l’exhortation sur les anges (1, 5-14), l’argumentaire sur le serment d’Abraham (6,13-20), et enfin l’exemple d’école de 12, 4-13. C’est à cette étape que l’oeuvre aurait perdu son caractère strictement homilétique, et acquis une organisation concentrique dont témoignent les analyses de Vanhoye ou Dussaut. L’ouvrage de P. Garuti présente les forces et les faiblesses de ce type de reconstitution : la partie analytique y est riche et passionnante, la partie synthétique sera toujours source de contestation.

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