1 Pierre

Présentation

Proche de la lettre de Jacques dans son mode de composition, offrant en effet une succession d’exhortations plus ou moins rattachées entre elles, la première lettre de Pierre prend aussi comme elle, ou comme Hébreux, ses principaux fondements dans le genre homilétique : les échos liturgiques, en particulier hymniques, n’y sont jamais très loin, et c’est ainsi que M. E. Boismard a pensé pouvoir retrouver quatre hymnes baptismales incorporées dans l’écrit (1,3-5 ; 2,22-25 ; 3,18-22 ; 5,5-9). Il reste que beaucoup de commentateurs, tout en reconnaissant ces influences, continuent de parler d’une « lettre ». Il existe de fait une tradition de « lettres aux exilés » dont témoignent Jr 29,4-23 ou 2 Mac 1, sans qu’on puisse pour autant parler d’un genre.

Il n’est guère facile de définir une structure, de baliser un développement : il est seulement possible d’opérer des regroupements thématiques. Voilà pourquoi je propose une lecture au fil de l’eau.

Qui est à l’origine de cette lettre ? Pierre ? Beaucoup en doutent aujourd’hui, mais pour des raisons qui ne sont guère contraignantes. Pour prendre l’exemple de la qualité du grec, longtemps déniée au pécheur de Galilée, il est clair qu’on ne lui aurait pas confié l’évangélisation des circoncis selon l’accord évoqué par Paul en Ga 2,7-9, on n’aurait pas eu la trace de ses voyages et de son passage dans la communauté de Corinthe (cf. 1 Co 1,12), s’il n’avait pas eu ou acquis une bonne maîtrise du grec. Rappelons en outre que l’auteur de cet écrit reconnaît avoir eu recours au service d’un secrétaire, Sylvain (5,12), dont le rôle a pu être notable. Ajoutons enfin par exemple que la christologie présentée dans notre écrit, celle du serviteur, paraît assez primitive pour être située assez haut chronologiquement.

En d’autres termes, l’attribution pétrinienne ultime trouve toujours de bons fondements, et elle est plus soutenable qu’un anonymat tardif invérifiable.

Mais alors, qu’en est-il de l’auditoire ? Si Pierre écrit, on penserait spontanément, en fonction de la répartition des charges de Ga 2, à un auditoire d’origine juive, surtout lorsque l’auteur parle de Diaspora. Mais cette qualification ne convient guère aux paroles qui surgissent au fil de l’écrit (voir plus bas 1,14.18 ; 2,9-10.25 ; 3,6 ; 4,3) : l’auditoire est manifestement d’origine païenne, et il faut donc penser que la répartition qui vient d’être évoquée, et qui date sans doute de l’année 37, n’a plus cours au moment où Pierre écrit, probablement au-delà de l’année 60 depuis Rome.

Il s’agit, comme le montre à plusieurs reprises notre écrit, d’une communauté éprouvée, que Pierre cherche à encourager et dont il veut en particulier stimuler la foi, face à une ou des formes de persécution, .

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