La Pentecôte et ses suites

A. La présentation et l’interprétation de l’événement

 

1 Et alors qu’arrivait le temps de la Pentecôte, ils étaient tous réunis ensemble. 2 Et voici que, tout à coup, venant du ciel, advint un bruit comme un coup de vent qui claque, et il remplit toute la maison où ils se tenaient. 3 Et il leur apparut des langues comme du feu qui se partageaient et il s’en posa une sur chacun d’eux. 4 Et tous furent remplis du Saint-Esprit et commencèrent à parler en d’autres langues selon que l’Esprit leur donnait de parler. 5 Il y avait demeurant à Jérusalem des Juifs, hommes pieux de toutes les nations qui sont sous le ciel. 6 Ce bruit étant advenu, la foule se rassembla et fut confondue, parce qu’ils entendaient chacun leur parler sa propre langue. 7 Ils étaient ébahis, stupéfaits et disaient : « Ces gens qui parlent ne sont-ils pas tous Galiléens ? 8 Et comment se fait-il que nous les entendions chacun dans notre propre langue dans laquelle nous avons été élevés ? 9 Parthes, Mèdes, Élamites, habitants de Mésopotamie, de Judée et de Cappadoce, du Pont et d’Asie, 10 de Phrygie et de Pamphylie, d’Égypte, de cette partie de la Lybie à côté de Cyrène, habitants de Rome, 11 Juifs et prosélytes, Crétois et Arabes, nous les entendons proclamer en d’autres langues les merveilles de Dieu. » 12 Mais tous étaient stupéfaits et  confus, et ils se disaient l’un à l’autre : « Que veut être cela ? » 13 D’autres se moquaient en disant qu’ils sont pleins de vin.

 

Tout est donc prêt, les disciples sont au complet, et le temps liturgique se met à l’unisson : « le jour de la Pentecôte est arrivé ». Cette traduction est un peu faible, ou alors, il faut lire comme on lit « le jour de gloire est arrivé » : le verbe traduit par « arriver », symplêroô en grec, connote en effet l’idée de plérôme et donc de plénitude. Le bruit va d’ailleurs « remplir » la maison, et les disciples vont être remplis d’Esprit. On ne peut donc que donner raison à l’auteur de la note sur ce verset, dans la B. J. en fascicules : « peut-être, pour un lecteur chrétien, Luc suggère-t-il l’achèvement du délai dans lequel devait s’accomplir la Pentecôte nouvelle, substituée désormais à l’ancienne fête des Semaines ».

« Ils » se trouvaient tous ensemble, non pas les 120 comme on l’a déjà expliqué, mais ceux qui sont mentionnés aux versets 13 et 14 du chapitre 1. Le lieu doit donc être la « chambre haute ». « Ils » sont donc là, tous ensemble, dans un même lieu : on retrouve ici, et plus loin aux versets 2-4 (tout, chacun…) cette insistance sur l’unité qui a été préparée en 1,14. Et l’on devine alors que, pour Luc, la Pentecôte, le don de l’Esprit, se situe dans un rapport profond avec cette unité.

Et viennent les langues : elles sont plusieurs, elles se divisent. Mais il ne faut pas s’en tenir au seul phénomène physique comme l’indique le verset 4 qui évoque le langage : si les apôtres ont reçu des langues de feu, comme l’iconographie traditionnelle a l’habitude de représenter l’événement (Luc a sans doute en vue l’annonce du Baptiste : « lui vous baptisera dans l’Esprit-Saint et le feu » (Lc 3,16Lc 3,16
French: Louis Segond (1910) - SEG

16 il leur dit à tous: Moi, je vous baptise d`eau; mais il vient, celui qui est plus puissant que moi, et je ne suis pas digne de délier la courroie de ses souliers. Lui, il vous baptisera du Saint Esprit et de feu.  

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// Mt 3,11Mt 3,11
French: Louis Segond (1910) - SEG

11 Moi, je vous baptise d`eau, pour vous amener à la repentance; mais celui qui vient après moi est plus puissant que moi, et je ne suis pas digne de porter ses souliers. Lui, il vous baptisera du Saint Esprit et de feu.  

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), ils ont reçu aussi une audacieuse capacité de parole en d’autres langages. Le vocabulaire est ambigu, et il ne faut pas chercher à lever cette ambiguïté, surtout dans ce contexte où il est question de porter la bonne nouvelle à toutes les nations : les apôtres en reçoivent donc la capacité, grâce à l’Esprit. En ce sens, la Pentecôte est d’abord la réalisation de la promesse faite par le Christ à ses disciples (Lc 12,12Lc 12,12
French: Louis Segond (1910) - SEG

12 car le Saint Esprit vous enseignera à l`heure même ce qu`il faudra dire.  

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 ; 21,14, déjà cités plus haut).

Cette mention d’une capacité à parler d’autres langues, chez un aussi bon connaisseur de l’Ancien Testament qu’est Luc, ne peut aussi manquer de rappeler l’événement de Babel. En Gn 11, il nous est dit que tous les peuples parlaient une même langue, et que Dieu a confondu (notons en passant que le mot grec qui traduit ce verbe dans les LXX est celui qu’emploie Luc un peu plus loin, au verset 6) le langage des hommes « pour qu’ils ne s’entendent plus les uns les autres ». Marie Balmary a fait justice d’une lecture trop étroite de ce texte, en soulignant qu’il évoquait la menace gisant dans « processus de retour à l’indifférencié », et il s’agit donc maintenant de se pencher sur le rapport qui s’établit avec le texte de Luc. Pour l’évangéliste, il est clair que la barrière de la langue est franchie, et que c’est là un effet de la Pentecôte, et ce qui doit permettre aux apôtres de se lancer avec audace dans l’évangélisation. Mais alors qu’à Babel, la disparition de cette barrière se présentait comme un effort humain, elle est ici un don de Dieu. En outre, à Babel, il s’agissait d’atteindre le ciel : la Pentecôte donne le vrai moyen d’y parvenir.

La question, parfois posée, de savoir si les apôtres ont parlé d’autres langues, ou si les étrangers les ont seulement compris (entendus, v. 6 et 8) quelle que soit leur langue, est secondaire dans le cadre de cet événement de Babel inversé, ou plutôt restauré et prolongé selon la volonté de Dieu et le bien de l’homme. Une telle question nous rapproche plutôt de cette autre lecture du texte, qui vient interférer avec la précédente, et qui le présente comme une glossolalie à travers le thème des « merveilles de Dieu » (v. 11), et surtout celui du « vin doux » (v. 13).

 

B. Le deuxième discours de Pierre

 

Si j’écris ici « deuxième discours », et non premier, comme on le fait habituellement, c’est que je prends en compte le discours pour le remplacement de Judas.

14 Se levant, Pierre avec les onze éleva la voix et leur déclara : « Hommes de Judée, et vous tous qui habitez Jérusalem, que cela soit connu de vous et prêtez attention à mes paroles. 15 Non pas comme vous pensez qu’ils sont ivres, car ce n’est que la troisième heure du jour. 16 Mais voilà ce qu’a dit le prophète Joël : 17 « Il sera en ces jours-là dit le Seigneur, je verserai de mon Esprit sur toute chair, et vos fils et vos filles prophétiseront et vos jeunes gens  auront des visions, et vos anciens rêveront des rêves. 18 Et sur mes serviteurs et sur mes servantes, en ces jours-là, je répandrai mon esprit et ils prophétiseront. 19 Et je donnerai des prodiges dans le ciel en haut et des signes sur la terre en bas, sang et feu et nuages de fumée. 20 Le soleil se changera en ténèbres et la lune en sang, avant que vienne le jour du Seigneur, grand et redoutable. 21 Et il arrivera que tout homme qui appellera le nom du Seigneur sera sauvé.

22 Hommes d’Israël, écoutez ces paroles : Jésus le Nazarénien, homme accrédité par Dieu pour vous par les actes puissants, prodiges et signes que Dieu a fait par lui au milieu de vous, comme vous le savez, 23 cet homme-là, ayant été livré par la volonté prédéterminée et la préconnaissance de Dieu, vous l’avez mis à mort en le crucifiant par la main des impies, 24 c’est lui que Dieu a ressuscité en le déliant des douleurs de la mort puisqu’il n’était pas possible qu’il soit retenu par elle. 25 Car David dit à son sujet : « Je voyais toujours le Seigneur devant moi parce qu’il est à ma droite afin que je ne sois pas rempli de confusion. 26 C’est pourquoi mon cœur se réjouit, et ma langue exulte, même ma chair reposera dans l’espérance. 27 Parce que tu ne laisseras pas mon âme à l’Hadès ni ton saint voir la corruption. 28 Tu m’as fait connaître les chemins de vie, tu m’as rempli de joie avec ton visage.

29 Frères, il est permis de vous le dire avec audace au sujet du patriarche David : il est arrivé au bout et il a été enterré, et son corps est parmi nous jusqu’à ce jour. 30 Étant donc prophète, et sachant que Dieu lui avait juré par serment qu’un fruit de son sein s’assiérait sur son trône, 31 il parla en voyant par avance au sujet de la résurrection du Christ, parce qu’il n’a pas été abandonné à l’Hadès, et que sa chair n’a pas vu la corruption. 32 Dieu a ressuscité ce Jésus, nous tous nous en sommes témoins. 33 Étant donc monté à la droite de Dieu, ayant reçu de son Père la promesse de l’Esprit-Saint, il l’a répandu (déversé) et c’est ce que vous voyez et entendez. 34 Ce n’est pas David qui est monté aux cieux, puisqu’il dit lui-même : « le Seigneur a dit à mon Seigneur, siège à ma droite, 35 jusqu’à ce que je mette tes ennemis sous l’escabeau de tes pieds ».

36 Que toute la maison d’Israël le sache avec assurance : Dieu l’a fait Seigneur et Christ, ce Jésus que vous avez crucifié.

 

Considérations formelles

 

Un regard global sur ce discours, ainsi que sur ceux qui le suivent, en montre la construction stéréotypée. Le nôtre  est réponse à une question ou interrogation, ici le « que peut bien être cela », du verset 12 ; de la même manière, le troisième discours sera une réponse à l’effroi et la stupeur causés par la guérison de l’impotent (3,10), le quatrième à la question des grand-prêtres (« par quel pouvoir ou par quel nom avez-vous fait cela ? », 4,7), le cinquième à une inquiétude du grand-prêtre (5,28) etc.

On le sent donc d’emblée : le procédé est trop récurrent pour ne pas ressortir d’un effet littéraire, qui ne concerne d’ailleurs pas que l’introduction. De fait, on retrouve dans l’ensemble des discours une même trame : l’apostrophe, la dénégation, le recours à l’Écriture, l’annonce de la résurrection fondée en général sur la force du témoignage, la proclamation messianique, l’appel à la conversion etc. A l’évidence donc, le narrateur joue un grand rôle dans la composition, et la question est très débattue de savoir s’il est possible de remonter à des sources antérieures ; mais dans cette lecture que je propose ici, la question n’est pas cruciale : si l’on n’a pas accès à Paul ou Pierre, on a au moins accès à Luc.

Et au-delà de Luc, peut-être aussi à la « technique » du discours missionnaire. Parce que le fait que cette structure se retrouve dans de nombreux discours peut dépasser la dimension littéraire, en attestant aussi comment on concevait l’apostolat à l’époque : en partant d’un événement relu à la lumière de l’Écriture.

Revenons donc à notre discours. On remarque facilement les trois apostrophes : « Hommes de Judée », au verset 14 ; « Hommes d’Israël », au verset 22, avec une reprise de l’invitation à écouter ; « Frères », au verset 29. Ces trois apostrophes paraissent distinguer trois temps dans le développement. Le premier temps serait celui de l’explication de l’événement par la glossolalie, comme le laisse entendre le verset 15, mais non pas le contenu de la prophétie de Joël, ni même le verset 33 qui lui est lié (cf. v. 18) ; le deuxième serait celui de l’annonce de la résurrection et le troisième celui la proclamation messianique.

Pourquoi « paraissent » et des conditionnels ? Parce que le deuxième et troisième temps sont plus liés qu’il ne paraît : la reprise du verset 24 par le verset 32 (« Dieu l’a ressuscité ce Jésus ») donne à penser que tout le passage 24-31 est une insertion sur une trame plus ancienne, insertion d’ailleurs unifiée par le thème de l’Hadès qui apparaît au début (v. 24) comme à la fin (v. 31) ; cette insertion a sans doute un prolongement dans les versets 34-35, qui en donne le véritable sens car le personnage de David et la réflexion sur sa montée aux cieux dépend du verset 29. Dès lors, le « frères » du v. 29 ne constitue pas un nouveau début ; et le verset 33, déjà évoqué, se trouve rapproché de la citation de Joël, juste après l’explication de l’événement constitué par les versets 22-23 et 32.

En résumé, ce discours se compose d’une longue citation du prophète Joël (v. 16-21), suivie d’une explication de l’événement et d’une annonce de la Résurrection (v. 22-23 + 32-33 + 36). Sur cette trame originale, est venue se greffer une réflexion sur le rapport Jésus/David au vu de la situation de chacun par rapport à l’Hadès (v. 24-31 + 34-35). Pourquoi cette réflexion ? La citation du psaume 16, attribué traditionnellement à David, laisse entendre que celui-ci est encore vivant : ne serait-ce pas lui qui voit le Seigneur devant lui et dont l’âme n’a pas été abandonné à l’Hadès ? Il semble bien y avoir eu polémique à ce sujet, et Luc apporte sa réponse : David ne pouvait parler de lui puisque son tombeau à lui est connu.

On notera encore, quoi qu’il en soit des différents temps de ce discours, l’importance des références à l’Écriture, en particulier dans la dimension polémique/apostolique si tant est que, comme il vient d’être dit, les versets 24-31 et 34-35 en sont l’écho. Cette volonté de s’appuyer sur l’Écriture vise probablement à montrer comment la parole de Dieu régit le monde, comment c’est à partir d’elle que l’on peut se comprendre et comprendre le monde. La chose est particulièrement nette dans les versets 15-16 : l’explication toute humaine est facilement rejetée, et l’Écriture vise à donner la bonne interprétation.

Mais on remarquera aussi que l’interprétation s’exprime en terme d’accomplissement : certes, ce vocabulaire particulier n’apparaît pas ici, mais nous sommes néanmoins, « dans les derniers temps », qui est dans la version occidentale suivie ici une addition lucanienne à la citation de Joël (où l’on trouve néanmoins un « après cela », sans oublier plus loin le thème du Jour du Seigneur). Autrement dit, l’Écriture ne fait pas qu’interpréter à un moment donné, elle ouvre sur un avenir que Dieu dessine.

 

Quelques points du contenu

 

Christocentrisme et théocentrisme

Ce qui frappe dans « la strate ancienne » évoquée plus haut, c’est l’insistance sur l’humanité de Jésus : le Nazôréen, un homme, parmi vous (v. 22), ce Jésus (v. 36). On pourrait alors penser que l’ignorance des Juifs est seule en cause : obnubilés par l’humanité de Jésus, ils ont manqué sa divinité. Surtout que Luc insiste sur la dimension « volontaire », salvifique, de la Passion (« dessein bien arrêté », « prescience »). Pourtant, de manière subtile, l’évangéliste se garde de les dédouaner entièrement : ils avaient bien connaissance des prodiges et signes de Jésus, ils l’ont pourtant pris et fait mourir ! Et l’intervention des impies (Romains) dans la crucifixion, si elle est mentionnée au verset 23, ne l’est plus au verset 36.

En d’autres termes, c’est bien à Dieu qu’ils ont désobéi, ou plutôt c’est Dieu qu’ils n’ont pas compris. Et on le perçoit mieux dès lors qu’on note le théocentrisme de tout le passage  : Dieu l’a accrédité, dessein de Dieu, Dieu l’a ressuscité, exalté par la droite de Dieu, Dieu l’a fait Seigneur et Christ.

Cette méprise sur Dieu, dont parle Marguerat, est devenue méprise sur Jésus : en vérité, Dieu l’a ressuscité. La question que l’on peut se poser est la suivante : quelle en est la preuve ? On sait que, pour Luc, c’est d’abord et avant tout le témoignage des disciples : « nous en sommes témoins » (1,22 ; 2,32 ; 3,15 ; 5,32 ; 10,39.41 ; 13,31 etc.). Mais la question rebondit : quelle est la valeur du témoignage des disciples en question ? C’est là que l’insertion évoquée plus haut, relative à la descente et surtout à la sortie de l’Hadès, est importante : elle apporte un second témoignage, celui de l’Écriture. Témoignage disputé, comme on peut le constater dans la multiplication des textes et des interprétations : Ps 16 d’une part, Ps 110 ensuite.

 

Prophétie et plan divin

Du point de vue du contenu, il est intéressant sans doute de revenir sur le thème du plan divin : Luc affirme ici que la Passion a été voulue par Dieu, selon son dessein et sa prescience, ou plus littéralement selon sa volonté déterminée et sa préconnaissance. Il reviendra à plusieurs reprises sur cette idée : en 3,18, il affirme que la passion a été annoncée par les prophètes ; en 4,28, que tout ce qui est advenu à Jésus a été accompli selon ce que Dieu, dans sa puissance et sa sagesse, avait fixé par avance (ou plus littéralement, comme en 3,18, selon ce que sa volonté avait déterminé) ; en 13,29, que «  lorsqu’ils eurent accompli tout ce qui était écrit de Jésus », ils le mirent au tombeau.

Comme il est difficile d’imaginer que la volonté prédéterminée de Dieu ait été connue pour Luc ailleurs que dans les Écritures, tout se ramène précisément au fait que les Écritures en question avaient annoncé la passion et la mort de Jésus, lesquelles devaient donc s’accomplir. Reste à savoir ce que sont les textes qui peuvent être invoqués. On pense bien sûr en premier lieu à 2 Sm 7, si souvent invoqué dans le NT (2 Co 6,182 Co 6,18
French: Louis Segond (1910) - SEG

18 Je serai pour vous un père, Et vous serez pour moi des fils et des filles, Dit le Seigneur tout puissant.  

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; He 1,5He 1,5
French: Louis Segond (1910) - SEG

5 Car auquel des anges Dieu a-t-il jamais dit: Tu es mon Fils, Je t`ai engendré aujourd`hui? Et encore: Je serai pour lui un père, et il sera pour moi un fils?  

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) et ici en 2,30 ; mais Luc nous propose donc aussi Ps 16,8-11Ps 16,8-11
French: Louis Segond (1910) - SEG

8 J`ai constamment l`Éternel sous mes yeux; Quand il est à ma droite, je ne chancelle pas. 9 Aussi mon coeur est dans la joie, mon esprit dans l`allégresse, Et mon corps repose en sécurité. 10 Car tu ne livreras pas mon âme au séjour des morts, Tu ne permettras pas que ton bien-aimé voie la corruption. 11 Tu me feras connaître le sentier de la vie; Il y a d`abondantes joies devant ta face, Des délices éternelles à ta droite.  

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et, un peu plus loin, Ps 110,1Ps 110,1
French: Louis Segond (1910) - SEG

110 1 De David. Psaume. Parole de l`Éternel à mon Seigneur: Assieds-toi à ma droite, Jusqu`à ce que je fasse de tes ennemis ton marchepied.  

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; en 4,11, est invoqué le Ps 118,22Ps 118,22
French: Louis Segond (1910) - SEG

22 La pierre qu`ont rejetée ceux qui bâtissaient Est devenue la principale de l`angle.  

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et sa pierre d’angle ; en 8,32-33, Philippe fait appel à un « chant du serviteur », Is 53,7-8Is 53,7-8
French: Louis Segond (1910) - SEG

7 Il a été maltraité et opprimé, Et il n`a point ouvert la bouche, Semblable à un agneau qu`on mène à la boucherie, A une brebis muette devant ceux qui la tondent; Il n`a point ouvert la bouche. 8 Il a été enlevé par l`angoisse et le châtiment; Et parmi ceux de sa génération, qui a cru Qu`il était retranché de la terre des vivants Et frappé pour les péchés de mon peuple?  

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; au chapitre 13, Paul fait à nouveau appel au Ps 16, mais il ajoute au verset 33 une citation de Ps 2,7Ps 2,7
French: Louis Segond (1910) - SEG

7 Je publierai le décret; L`Éternel m`a dit: Tu es mon fils! Je t`ai engendré aujourd`hui.  

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.

Pour Luc, à côté du prophète et de ses actes, il y a aussi l’Écriture comme prophétie. En 2,30-31, il nous explique ce qu’est à ses yeux un prophète : « comme (David) était prophète… il a vu d’avance ». Voir d’avance implique, comme pour le sens commun, de prévoir, et fait de la prophétie une anticipation. mais cela tient pour Luc au fait que la prophétie est vraiment parole de Dieu, qui ne revient pas vers Dieu sans effet (Is 55,11Is 55,11
French: Louis Segond (1910) - SEG

11 Ainsi en est-il de ma parole, qui sort de ma bouche: Elle ne retourne point à moi sans effet, Sans avoir exécuté ma volonté Et accompli mes desseins.  

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) : elle s’accomplit. Ce que Luc exprime à sa manière en 4,28. Et l’on comprend aussi bien la très grande connaissance qu’a Luc de l’Ancien Testament grec, que l’on appelle Septante, que l’importance chez lui du thème de l’accomplissement (Ac 3,18 ; 7,17 ; 13,22.27.29 ; 26,7Ac 3,18 ; 7,17 ; 13,22.27.29 ; 26,7
French: Louis Segond (1910) - SEG

18 Mais Dieu a accompli de la sorte ce qu`il avait annoncé d`avance par la bouche de tous ses prophètes, que son Christ devait souffrir. 17 Le temps approchait où devait s`accomplir la promesse que Dieu avait faite à Abraham, et le peuple s`accrut et se multiplia en Égypte, 22 puis, l`ayant rejeté, il leur suscita pour roi David, auquel il a rendu ce témoignage: J`ai trouvé David, fils d`Isaï, homme selon mon coeur, qui accomplira toutes mes volontés. 27 Car les habitants de Jérusalem et leurs chefs ont méconnu Jésus, et, en le condamnant, ils ont accompli les paroles des prophètes qui se lisent chaque sabbat. 29 Et, après qu`ils eurent accompli tout ce qui est écrit de lui, ils le descendirent de la croix et le déposèrent dans un sépulcre. 7 et à laquelle aspirent nos douze tribus, qui servent Dieu continuellement nuit et jour. C`est pour cette espérance, ô roi, que je suis accusé par des Juifs!  

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; mais en outre, d’une certaine manière, le livre des Actes tout entier est l’accomplissement de l’évangile).

 

Israël, destinataire du message ?

Au verset 39, Pierre assure à ses auditeurs : « c’est pour vous qu’est la promesse, ainsi que pour vos enfants et pour tous ceux qui sont au loin, en aussi grand nombre que le Seigneur notre Dieu les appellera ». Une thématique semblable se retrouvera en 3,25-26 : « Vous êtes, vous, les fils des prophètes et de l’alliance que Dieu a conclue avec nos pères quand il a dit à Abraham : Et en ta postérité seront bénies toutes les familles de la terre. C’est pour vous d’abord que Dieu a ressuscité son Serviteur et l’a envoyé vous bénir, du moment que chacun de vous se détourne de ses perversités ». Elle est à nouveau présentée en 13,46, mais avec l’amorce d’un tournant : « C’était à vous d’abord qu’il fallait annoncer la parole de Dieu. Puisque vous la repoussez et ne vous jugez pas dignes de la vie éternelle, eh bien ! nous nous tournons vers les païens ».

Qu’en fut-il réellement de ce tournant ? N’est-il pas un artifice littéraire lucanien, destiné à reproduire de quelque manière ce qu’a connu Jésus dans son ministère, la désaffection croissante du peuple juif, et finalement, après la ou les annonces de la Passion, le « repli » sur le groupe des disciples ? Compte tenu en outre de ce qui sera dit plus loin sur le « groupe des Sept », cette désaffection n’a-t-elle pas été connue très vite, si bien qu’il serait difficile de parler d’un tournant ?

En vérité, il ne le semble pas. Pour le groupe des Sept, on verra plus loin que l’information donnée par Luc ne permet pas vraiment de le situer dans le temps. Pour le reste, on sait aussi que Luc insiste sur le fait que Paul a, au début de son ministère (13,5.14-15 ; 14,1 ; 17,2), commencé systématiquement sa prédication dans les synagogues, profitant seulement de la présence de païens à travers les craignant-Dieu. Cette présentation des choses a certes été discutée, mais elle semble à bien des commentateurs incontestable, surtout que Paul paraît la confirmer : un exégète contemporain de talent, A. Bunine, apporte dans ses articles de nombreux considérants (par exemple le fait que Paul puisse assurer en Ga 1,23-24Ga 1,23-24
French: Louis Segond (1910) - SEG

23 seulement, elles avaient entendu dire: Celui qui autrefois nous persécutait annonce maintenant la foi qu`il s`efforçait alors de détruire. 24 Et elles glorifiaient Dieu à mon sujet.  

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, que les églises de Judée glorifiaient Dieu à son sujet) justifiant que Paul a d’abord été un prédicateur de l’évangile auprès des Juifs . Ce qui a donc dû être le cas plus généralement de la première prédication chrétienne.

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