Les genres littéraires

Par « genre littéraire », on entend une forme littéraire standard et donc reproductible. Pourquoi se préoccuper des genres littéraires ? Parce qu’une encyclique papale, Divino Afflante Spiritu, y fait référence ? Non, la question est posée à l’envers : si cette encyclique y fait référence, c’est parce que la distinction des genres littéraires est cruciale pour l’interprétation. De toute évidence, on ne lit et ne comprend pas une lettre de Paul de la même manière que l’épopée du Seigneur des Anneaux, une fable de La Fontaine ou un article de journal…

La difficulté est que les genres ne sont pas aussi définis que certains commentateurs le disent ou le souhaitent, et qu’en outre, un même écrit peut être composé de parties narratives de genres différents. Le lecteur comprend donc qu’il est impossible d’entrer dans le détail, que chaque écrit ou partie d’écrit doit être étudié pour lui-même, en comparaison avec d’autres ; ce qui va suivre met en valeur quelques genres parmi les principaux .

  • Le mythe: Cette désignation paraît à beaucoup ambigüe, dans la mesure où elle semble mettre en cause la qualité historique. Il s’agit en fait d’une interprétation symbolique qui, comme telle, touche à plusieurs réalités sensibles du monde, les met en scène en vue d’une interprétation donnée. On parle souvent de mythe à propos des deux récits de création dans le livre de la Genèse (1,1-2,4a et 2,4b-3,24).
  • L’épopée, ou bien le cycle: Avec ce genre, on se rapprocherait de la dimension historique. Il s’agit ici de privilégier l’histoire d’un héros autour duquel s’organise le récit, et le héros en question a normalement un pied dans l’histoire. On peut évoquer l’épopée de Jacob ou celle de Joseph.
  • L’oracle prophétique est une proclamation, souvent accompagnée d’un geste spécifique, par laquelle le prophète transmet le message qu’il a reçu de Dieu.
  • Le proverbe, évidemment représenté assez extensivement dans le livre des Proverbes, mais qui figure aussi ailleurs, est une formule de sagesse, souvent longuement élaborée. Le genre se retrouve largement dans l’Orient ancien.
  • L’évangile: le terme, tiré du grec, veut dire « bonne nouvelle », et il est celui par lequel Marc par exemple définit son écrit (1,1). Il désigne le récit des paroles et gestes de Jésus, compilés dans une multitude d’épisodes.
  • La lettre: Depuis les temps les plus reculés, on communique par lettre, laquelle peut être rédigée sur un tesson d’argile : elle est donc souvent très brève, avec mention d’un expéditeur, d’un destinataire, d’une demande et d’une salutation. Dans le Nouveau Testament, la lettre, beaucoup plus développée, tient une place de choix grâce à saint Paul, mais aussi saint Jean, saint Pierre ; en revanche, on le reverra, la lettre aux Hébreux tient plutôt du sermon que de la lettre.
  • L’apocalypse: Ce genre littéraire se signale généralement par une dimension cryptique, à laquelle les phénomènes climatiques, sonores ou autres collaborent. Mais l’écrit est toujours en lien avec une situation historique dont il s’efforce de déterminer le développement. L’Apocalypse de saint Jean n’est pas la seule représentante du genre, dont on trouve plusieurs traces dans l’Ancien Testament, mais certainement le plus représentatif et le plus développé.
Quizz : Parmi les propositions suivantes, quelles sont celles que l’on pourrait qualifier de genres littéraires ?
  1. La fable
  2. La roue de secours
  3. L’hymne
  4. Le mémoire
  5. La mémoire
  6. La biographie
  7. Le psaume
  8. La confession
  9. La plaidoirie
Réponse

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