Manuscrits, langues et traductions modernes

Les manuscrits

Il vient d’être question de « livres », et on a déjà noté qu’il s’agissait au départ de papyrus, souvent assemblés sous forme de codex. Plus tard, écrits sur des peaux, les manuscrits deviennent parchemins.

La question se pose de savoir quels étaient ces manuscrits : ils ne sont pas légions. Pour l’Ancien Testament, le seul manuscrit complet dont on dispose est le codex de Léningrad, datant du XIe siècle de notre ère ; d’autres témoins, légèrement plus anciens, sont le codex d’Alep ou celui du Caire. Pour le Nouveau Testament, où l’on parle généralement d’onciaux du fait qu’ils sont écrits en majuscules ou onciales, trois manuscrits, datant du IV ou Ve siècle, se partagent la vedette : l’Alexandrinus, le Sinaïticus, le Vaticanus ; on leur associe souvent le codex dit de Bèze, figure du protestantisme primitif, un manuscrit du VIe siècle, qui témoigne du texte occidental du Nouveau Testament, sur lequel on reviendra.

 

Les langues

On l’aura compris d’après tout ce qui précède, deux langues constituent l’essentiel de la Bible : l’hébreu pour l’Ancien Testament, avec quelques parties en araméen, le grec pour le Nouveau. Le latin n’a jamais constitué une langue biblique : en revanche, c’est la langue dont s’est servi saint Jérôme pour traduire, au plus près des langues anciennes et à partir de manuscrits que nous n’avons peut-être plus, la Bible dans une édition qui a connu un immense succès en Occident, la Vulgate, autrement dit la traduction destinée au peuple. Cette édition garde une incontestable valeur.

 

Les traductions modernes

Aucune traduction ne peut se vanter d’avoir atteint la perfection : d’une part en raison de l’évolution du langage dans une société, d’autre part en raison des nombreuses variations entre manuscrits, et des ambiguïtés du texte de départ. Y compris bien sûr celles du texte hébreu, dont la vocalisation par les Massorètes est souvent discutable.

On dit souvent, avec raison, que « traduire, c’est trahir ». Dès lors, plutôt que d’opposer les traductions, il faut les apposer, les comparer. En se souvenant toujours que chacune est interprétation, quelle que soit la rigueur qu’a voulu s’imposer le traducteur. Et en se souvenant aussi que cette diversité d’interprétations est congénitale à la parole de Dieu : « une chose que Dieu a dite, deux que j’ai entendues » (Ps. 62).

Cette diversité polyphonique, acceptée, explique et justifie la grande entreprise menée depuis l’an 2000 au sein de l’École biblique et archéologique française de Jérusalem, chantier dit de « La Bible en ses traditions ». Ce chantier vise à accueillir, au-delà du texte lui-même et de ses prémisses comme on l’a fait jusqu’alors, toutes les interprétations qui ont suivi le texte, aux plans biblique, théologique, artistique, historique, philosophique etc.

Avant l’achèvement du chantier, qui sera long, on se référera aux traductions françaises classiques que sont la Bible de Jérusalem, la Traduction œcuménique de la Bible, la Bible de la Pléiade, la nouvelle Bible Segond, dite Segond 21 etc.

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