La loi

Dans la tradition juive, et donc en particulier dans l’Ancien Testament, le thème de la Loi représente un élément majeur. Il ne faut pas nécessairement en conclure que ce thème est celui autour duquel peut et doit s’articuler toute la théologie de l’Ancien Testament : on lui préfère souvent celui de l’Alliance. Mais ce dernier, comme je le redirai dans un prochain chapitre, me semble plus adéquat pour présenter le Nouveau Testament dans sa globalité. Restons donc plutôt sur ce thème de la Loi.

 

Loi mosaïque

 

Le thème de la Loi est bien sûr rattaché à la personne de Moïse, comme étant celui qui l’a reçue et transmise : au point qu’alors même que l’on peut rencontrer d’autres lois dans l’Ancien Testament, c’est toujours la loi de Moïse qui est évoquée lorsqu’on parle simplement de la Loi, par exemple dans le psaume 118. La Loi de Moïse est le paradigme de toute loi.

 

Le rapport à la Loi

 

Dans nos sociétés occidentales, la loi a souvent mauvaise presse : derrière ce mot, on entend contrainte, obligations etc. et les aspirations individuelles ne semblent pas pouvoir y trouver leur place. Mais en fait, ce qui est évoqué ici est le légalisme et non pas la loi comme telle. En outre, pour ce qui concerne la Loi mosaïque, elle est très souvent vue à travers le prisme de la révélation chrétienne, et donc là encore largement discréditée.

Il faudrait quand même arriver à se dire que tous nos frères juifs, y compris les scribes et les pharisiens des évangiles, ne sont pas nécessairement des personnes rabougries et à la vision étroite, ils ont sans doute des raisons d’aimer leur loi. En voici d’ailleurs quelques-unes en vrac, très présentes dans le Deutéronome, un ouvrage qui se propose largement de redonner souffle à la loi mosaïque :

  • Elle est don de Dieu, comme en témoigne spécialement le Deutéronome, en particulier en 6,20.
  • Elle est donné à un peuple choisi et témoigne de l’élection de ce peuple : cf. entre autres Dt 7,6-11.
  • Elle s’inscrit dans le cadre d’une alliance, et ne force donc personne.
  • Elle fait très largement droit, en plusieurs de ses instances, aux pauvres, aux petits, aux orphelins, aux étrangers (cf. Dt 10,18 ; 16,11.14 etc.) etc.
  • Elle est chemin vers la vie, comme le rappelle le Deutéronome, par exemple en 6,24, ou encore 8,6 (« garde les commandements de Yahvé ton Dieu pour marcher dans ses voies et pour le craindre »), et comme ne cesse de le redire le psaume 118 etc.
Question : Les commentateurs ont l’habitude de distinguer quatre codes législatifs dans le Pentateuque. Lequel, parmi ceux qui sont proposés ci-dessous, ne fait pas partie du Pentateuque ?
  • Décalogue
  • Code de l’Alliance
  • Code Deutéronomique
  • Code d’Hammurabi
  • Code de Sainteté
Réponse

Il serait possible de continuer, mais il me paraît plus intéressant de reprendre quelques phrases de Robert Martin-Achard, dans un petit ouvrage hélas épuisé intitulé « La loi, don de Dieu » (éd. du Moulin, 1987) : « Ainsi que le montre l’exemple du calendrier des fêtes israélites, la Loi dans l’Ancien Testament, pas plus que les autres données bibliques, n’est figée ; elle n’apparaît pas comme inscrite une fois pour toutes dans un document, condamnée à devenir une « lettre morte ». Elle a été au contraire sans cesse reprise en fonction des circonstances, relue dans un contexte nouveau, réactualisée pour recentrer l’obéissance d’Israël sur une volonté divine à la fois directe et concrète » (p. 10-11).

Et encore : « Dans une apologétique chrétienne mal inspirée, on reproche aux dix paroles (ou commandements) leur formulation généralement négative, et on leur oppose les injonctions positives de l’Évangile. C’est ne rien comprendre à l’intention des commandements communiqués au Sinaï qui, loin d’enfermer Israël dans un réseau d’interdictions, lui proposent d’aller de l’avant en balisant son chemin pour qu’il évite les pièges et les impasses, et parvienne au but en conservant précieusement la liberté que son Dieu lui a octroyée » (p. 21-22).

Share This: